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Le Langage des Rêves: Le Principe de Simplification

Langage des RevesLa vie que nous menons dans nos rêves, surtout dans les rêves plaisants, est généralement plus simple et plus facile que notre vie éveillée. Nous pouvons oublier la notion de distance et nous nous transportons partout où notre imagination le veut, notre force est herculéenne; nous défions la loi de la gravité et pouvons nous envoler avec ou sans ailes; nous abandonnons toute modestie et sommes le centre du monde, un monde qui est le notre et pas celui des autres.

La simplification de la vie dans les rêves est obtenue par trois procédés : La visualisation, la condensation et la symbolisation.

Le langage visuel des rêves

Le rêve est toujours une vision. Des sensations autres que visuelles peuvent être ressenties dans les rêves, mais elles ne sont que des éléments secondaires. En d’autres termes, nous pouvons entendre des sons, percevoir des odeurs, etc., mais le rêve est principalement fondé sur une scène qui est perçue visuellement.

En fait, nous entendons rarement des sons dans nos rêves, a moins qu’ils soient des sons réels produits dans notre environnement immédiat. Les gens qui nous abordent de rêves n’émettent pas de sons mais semblent nous communiquer leurs pensées directement, sans aucun intermédiaire auditif. Nous ressentons rarement le goût ou les odeurs des choses dans les rêves.

Par ailleurs, nous traduisons chaque stimulus qui entre dans notre champs de perception sensorielle dans le sommeil, que ce soit par l’ouïe, le goût , l’odorat , le toucher, par une présentation visuelle. Ce processus est à comparer avec la gesticulation des individus primitifs qui tentent de visualiser tout ce qu’ils décrivent, indiquant la longueur, la hauteur, le volume des objets grâce a des mimiques plus ou moins appropriées censées imiter et véhiculer l’idée d’ une mauvaise odeur en tenant leur nez, le plaisir lié a la nourriture en se frottant le ventre, etc.

La visualisation et la simplification dans les rêves 

La dramatisation de chaque pensée et de chaque problème suit le principe du moindre effort. C’est ce qui explique la popularité des films dont la jouissance ne présuppose pas de la part de l’auditoire la capacité de concevoir des idées abstraites. Le film, comme notre inconscient, traduit toute pensée par une représentation visuelle.

Les plaisirs des yeux sont probablement plus forts et plus simples que ceux des autres organes sensoriels. Le défilé le plus inintéressant attirera des milliers de personnes, beaucoup plus, par exemple, que des concerts gratuits en plein air. Les cours accompagnés de visuels ont plus de succès que les cours magistraux sans illustrations. Les vitrines de magasins, les enseignes colorées ont un impact sur les ventes supérieur à la meilleure publicité dans la presse.

Un langage onirique concret plus qu’abstrait

Dans notre vie éveillée, nous exprimons nos pensées à travers des concepts abstraits. Nous parlons de la longueur, de la hauteur, du volume, du poids, de la dureté, froideur, etc.  Il est douteux, cependant, que nous pouvons imaginer la longueur sans penser spécifiquement à quelque chose de long. Dans nos rêves, la notion de longueur disparaît et est toujours remplacée par quelque chose de long.

Nous remarquons que la pensée abstraite est généralement plus ennuyeuse que la pensée descriptive et que les faits abstraits exigent plus d’efforts pour être compris que les  faits concrets. Un philosophe qui présente ses théories à un public se fatigue lui-même et fatigue son public plus rapidement qu’un explorateur le ferait en décrivant ses voyages et éventuellement en illustrant ses propos par des photos ou des vidéos.

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